Édition indépendante

Voilà. Tout est dans le titre. C’est un changement, et en fait ce n’en est pas un.

À la rentrée, Convergence sera sur son planning éditorial de parution. Exactement comme un texte porté par un éditeur classique. Sauf qu’il va s’agir de mon planning. De mes choix, de mes investissements.

Comme pas mal d’auteurs jeunes ou moins jeunes, expérimentés ou moins expérimentés, je me suis posé cette question : et si j’éditais moi-même certains textes ?

Alors, oui, on pourrait utiliser le terme « autoédition ». Je ne l’aime pas trop. Déjà car il porte encore une connotation péjorative, de type un texte en autoédition est un texte qui n’a pas trouvé d’éditeur car il n’est pas suffisamment abouti, où il reste trop de fautes, des coquilles etc.

En 2022, il y a tellement de façons différentes de publier un texte que cela ne veut plus dire grand-chose. Le mot qui me gêne dans « autoédition », c’est « auto ». Car je peux vous l’assurer, rien n’est automatique. Oui, il y a les plateformes de publication en ligne, qui permettent en quelques clics de diffuser partout son texte sur Internet, de fixer un prix de vente…

Délibéremment, j’ai écarté cette voie, même si ce serait sûrement plus simple. Il était hors de question « que je fasse tout moi-même », j’en suis incapable, fabriquer un livre et le promouvoir nécessite un grand nombre de compétences que je n’ai pas. Ensuite, ce qui m’a plu dans l’édition, ce sont les collaborations, le travail d’équipe. En édition indé, c’est toujours possible, voire, on peut porter cela à un degré supérieur : échanger avec un correcteur, un maquettiste, un illustrateur, un imprimeur…

En fait, c’est assez simple, pour moi, le travail est le même que pour un livre dans le circuit classique, avec un planning édito similaire. Sauf que c’est moi l’éditeur, et que bien sûr (car il y a forcément un hic), les investissements de départ sont à ma charge. Je vais être honnête : Convergence a tenté sa chance auprès des éditeurs, sur une période d’environ 2 ans. J’ai eu un assez grand nombre de refus complimentés (quand on considère la proportion des non-réponses habituelles ou bien des refus génériques qui ne nous apprennent pas grand-chose…) Visiblement, les contacts que j’ai eus appréciaient le roman, mais celui-ci ne rentrait pas dans les critères de leur maison d’édition, ou bien ils ne savaient pas comment le porter…

Suivis d’un « oui » : Un éditeur d’une petite maison, en microédition, qui diffuse lui-même, souhaitait publier ce texte. Je me suis rendu compte rapidement que le travail qui serait fourni ne correspondrait pas à mes attentes. J’ai décliné cette offre, et pour moi, cela a été une décision difficile, mais nécessaire… Convergence est retourné en dormance.

Quelque temps plus tard, je voyais bien que les choses bougeaient chez les indépendants, avec un début de reconnaissance (même si le chemin risque d’être encore long). En parallèle, mon idée de prendre les choses en main mûrissait. Souvent, je compare ça avec la musique : les musiciens, quand ils font un album, ils peuvent procéder de deux façons : sous la direction d’un leader dans un groupe, ou bien être le propre leader de leur groupe, et faire leur disque.

Je crois que c’est comme ça que je définis mes attentes sur ma passion de l’écriture : j’adore travailler sous la houlette d’un leader expérimenté, comme cela a été le cas avec Gephyre éditions, et je continuerai volontiers à le faire. Mais sur d’autres projets, j’entends orchestrer les choses moi-même. Ma ligne éditoriale, mes envies, mes thèmes – sans restrictions -, ma communication et ma promotion.

Les plus exigeants diront que Convergence met parfois en scène des situations clichées, carricaturales, déjà vues… Je concède avoir développé des idées peut-être bancales à certains moments… Par contre, j’ai poussé le processus le plus loin possible, il y avait une ligne directrice simple sur ce texte : ne rien me refuser, et tout dire. Peu importe le « politiquement correct », si c’est « jeunesse » (non, ce ne sera pas le cas), « young adult » (possiblement), ou bien « adulte ». Les cases ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse, ce sont les personnages, les situations, qu’elles parlent aux lecteurs, qu’ils ressentent de l’émotion et de l’empathie avec les héroïnes…

Pour sa publication, c’est pareil, le texte est sur les rails depuis ce printemps, et ma ligne est simple : rendre le meilleur travail possible, tant au niveau du texte que la fabrication du livre et sa promotion. Un sacré challenge que j’ai eu envie de relever ! 😱 Je vous en reparle bientôt ? 🤞